Par Normand Rhéaume | TVA Nouvelles

Les ingénieurs et scientifiques d'Énergie atomique du Canada affirment qu'une crise est imminente dans l'industrie nucléaire canadienne et que le gouvernement Harper est responsable de la situation.

Les 1 200 membres du personnel scientifique et d'ingénierie de la société de la Couronne demandent au gouvernement conservateur de surseoir à la privatisation d'Énergie atomique du Canada limitée (EACL) jusqu'à ce que les circonstances de l'accident nucléaire au Japon soient clarifiées.

Les ingénieurs et professionnels soutiennent qu'une crise est imminente dans l'industrie nucléaire canadienne et que cette crise a été complètement orchestrée par le gouvernement Harper.

«Une course folle vers la vente d'EACL juste avant une élection, et dans le contexte actuel de la situation au Japon, ne peut mener à une décision bénéfique pour les Canadiens ou pour les propriétaires de réacteurs (canadiens) CANDU à l'étranger», affirme Marius Vartolomei, vice-président de l'association des employés techniques et scientifiques d'Énergie atomique du Canada.

Selon l'ingénieur, la vente d'EACL va sûrement conduire à une perte de l'expertise nécessaire pour continuer à faire fonctionner les centrales CANDU en toute sécurité pour les prochaines décennies.

M. Vartolomei insiste pour dire que cette expertise est une responsabilité du Canada envers ses citoyens et ceux des pays auxquels des réacteurs CANDU ont été vendus.

«Ces obligations ne peuvent être privatisées», ajoute Michael Ivanco, scientifique et aussi vice-président de la Société des ingénieurs professionnels et associés (SPEA).

M. Ivanco croit que la vente d'Énergie atomique du Canada met en danger l'équipe de la conception, de l'ingénierie et de la sûreté dont on pourrait avoir besoin en cas d'urgence.

«Nous risquons de perdre ces personnes extrêmement qualifiées et expérimentées si EACL est dépecée et vendue», prévient le scientifique fédéral.

Selon lui, le processus de restructuration d'Énergie atomique du Canada, en cours depuis 21 mois, a empêché la société d'État fédérale de signer tout contrat commercial majeur qui aurait gardé les ingénieurs très occupés.

Les ingénieurs réclament la signature du contrat de réfection du réacteur CANDU en Argentine, lequel est évalué à 500 millions $.

On craint des mises à pied et une perte de savoir faire à Énergie atomique du Canada.

«Avant cette famine orchestrée par le fédéral, la division des réacteurs CANDU rapportait beaucoup de revenus commerciaux», ont souligné MM. Ivanco et Vartolomei lors d'une conférence de presse au parlement à Ottawa.